Quand je suis à tes pieds, comme un fidèle au temps immobile et pieux, quand fervent je contemple ta bouche exquise ou flotte un sourire adoré, tes cheveux blonds luisant comme un casque doré, tes yeux penchés d'où tombe une douceur câline, ton cou svelte émergeant d'un flot de mousseline, l'ombre de tes longs cils sur ta joue et tes seins où mes baisers jaloux s'abattent par essaims, quand j'absorbe ta vie par chaque pore, ... Aussi quand je m'en vais, pour conserver dans l'âme encore un peu de toi qui brille, douce flamme, aux lèvres que tu tends vers mes lèvres d'amant à longs traits, à longs traits je bois éperdument d'une soif de désert, vorace, inassouvie, comme si je voulais te prendre de ta vie !...
Albert Samain



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