Il est important, mon ami, que nous nous séparions pour quelque temps, c'est ici la première épreuve de l'obéissance que vous m'avez promise. Si je l'exige en cette occasion, croyez que j'en ai des raisons très fortes : il faut bien, et vous le savez trop, que j'en aie pour m'y résoudre ; quant à vous, vous n'en avez pas besoin d'autre que ma volonté....
Je relis votre lettre, et je frissonne à chaque ligne. J'obéirai, pourtant, je l'ai promis, je le dois ; j'obéirai. Mais vous ne savez pas,..., vous ne saurez jamais ce qu'un tel sacrifice coûte à mon coeur. Ah, vous ne saviez pas besoin de l'épreuve du bosquet pour me le rendre sensible ! C'est un raffinement de cruauté perdu pour votre âme impitoyable, et je ne puis au moins vous défier de me rendre plus malheureux. J.-J. Rousseau