baiser de RamsesII !

Je suis sorti de ma nuit je suis sorti de ma douleur
Il y avait un grand soleil sur le pas de la porte
Et tout ce qui m'habite a débordé de moi comme l'eau de la cruche
Et j'ai dit les mots de ma chair et de mon âme et j'ai dit
les phrases de l'insomnie.


Les gens sont passés sans comprendre et quelques-uns fronçaient 
le front et levaient leurs sourcils
Il est vrai que je ne leur parlais pas le langage de la rue 
ou de la fontaine et toujours il en fut ainsi des prophéties
A qui m'en prendre qu'à moi-même et pourtant
Pourquoi croyez-vous donc que je déchire mes vêtements et mon visage
A quel jeu croyez vous que je m'adonne ici
Toi peut-être plus proche au premier rang vois-tu
Ma lèvre et comment la parole au passage la blesse
blème et noire de sang


Je frappe à votre coeur et c'est moi qui gémis
..........
Je suis vous je vous dis je suis vous et j'en meurs
..........
Vers toi mon paradis vers toi mon toit du monde

L. Aragon

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