Quand je suis à tes pieds, comme un fidèle au temple
Immobile et pieux, quand fervent je contemple
ta bouche exquise où flotte un sourire adoré,
tes cheveux blonds luisant comme un casque doré,
tes yeux penchés d'où tombe une douceur câline,
ton cou svelte émergeant d'un flot de mousseline,
l'ombre de tes longs cils sur ta joue et tes seins
où mes baisers jaloux s'abattent par essaims,
quand j'absorbe ta vie ainsi par chaque pore,

 

   

Ainsi quand je m'en vais, pour conserver dans l'âme
encore un peu de toi qui brille, douce flamme,
aux lèvres que tu tends vers mes lèvres d'amant
à longs traits, à longs traits, je bois éperdument
d'une soif de désert, vorace, inassouvie,
comme si je voulais te prendre de ta vie !...

A. Samain

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