Caressez doucement de la main du pointeur de votre souris la fleur !

Eva Watson-Schütze (woman with Lily, 1903)
Elias Goldensky (Male Nude, 1915)

Fleur du désir, couleur de roses coquillage
Et, berçant sur l'amour l'azur et les feuillages
L'île point, radieuse et ceinte clarté
Où va naître, au-delà des peurs, l'éternité...

Reste, et, couchés sur l'aire, écoutons la cigale
Et ces plaintes d'oiseau, de couvert en couvert
Jusqu'à l'heure où l'aurore, en touchant le ciel pâle,
Fait d'une blanche rose une rose de chair.

Tu ne te plaindrais plus de heurter dans un corps
Les bornes du désir et l'éternelle absence
Ta lèvre goûterait la saveur d'une essence,
Ton amour apprendrait de plus secrets accords?

L'univers se consume et le rouge tison
Touche ton sein, marque tes lèvres jusqu'à l'âme.
Dans la royale paix de l'être sans désir,
Est-ce toi ma berceuse, ou la terre brûlante ?
De ta chair et de celle où s'enfonce la plante,
A peine si je sais ce que je peux saisir.

C'est l'heure sainte, l'heure où le brasier secrète
Un diamant et pour mon coeur extasié
Dresse, chargé de feux, un mystique rosier.
Respires-en les seules fleurs, ma soeur secrète.


Secret des vergers de V. Rieder

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